The main obstacle? The tech community

Oksana, Erol and Yeshe are all journalist, in Ukraine, Turkey and Tibet respectively. On Thursday, 26th of June, they were in Paris, attending a conference and explaining to a public of hackers their daily work  as journalists in countries where Internet is surveilled and censored.

At the end of 2013, Oksana\’s computer has been hacked and she was blackmailed. The deal was pretty simple: either she stopped publishing stories or all her private life, email, chats and everything, would be released and published on Internet. This is finally what happened because Oksana refused to be blackmailed. In Tibet, sending an an email containing information to Yeshe and the Tibet Post International can send you directly to jail.

Fin 2013 Oksana a été victime d\’un piratage de son ordinateur. Le marché était simple, si elle continuait son travail tous ses mails et toute sa vie privée seraient publiés en ligne. Et ils l\’ont été. Au Tibet, le simple fait d\’envoyer un email contenant des informations à Yeshe et au Tibet Post International peut coûter un aller simple pour la prison. Quant  à la Turquie,  elle a voté début 2014  une loi autorisant le blocage administratif de sites pour des raisons aussi vagues que la publication de contenus \”discriminatoires ou insultants à l’égard de certains membres de la société\”.  C\’est aussi l\’un des rares pays à avoir bloqué Twitter, Facebook et Youtube. En Turquie, en Ukraine, au Tibet et ailleurs, les journalistes ont besoin d\’outils pour protéger leurs communications, leurs informations, leurs sources. Yeshe Oksana et Erol ont rappelé avec des exemples très concrets que ce besoin n\’était pas superflu.

La conférence se déroulant  pendant Pas sage en Seine, Amaelle, qui animait la table ronde, a profité de l\’occasion de voir réunis dans une même salle des journalistes pour qui le clic droit constitue une véritable acrobatie technologique et des geeks ultra compétents qui montent trois tunnels ssh avant de récupérer leurs emails auto-hébergés pour poser une question simple :

There are technical tools (against censorship and surveillance). Are there specific  obstacles for journalists to handle those solutions ?

Dans le cadre de mon activité chez Reporters sans frontières, je forme des journalistes, en France et ailleurs, à l\’utilisation de ces outils justement. C\’est à ce titre que je participai à cette table ronde et c\’est à ce titre que je répondais :

The main obstacle – and I\’m sorry to say that here – is the tech community. The tech community has to understand that journalists are not system administrators and they will ever becom system administrators even if they need to become sys admin. It won\’t happen, it will never happen.

Journaliste c\’est un métier, administrateur système, un autre. Le métier d\’un journaliste est de récupérer des informations, de les vérifier et de les rendre intelligibles. Ce n\’est pas de savoir comment fonctionne un ordinateur, un serveur ou même Internet. La communauté des geeks et hackers doit comprendre ça. Jamais un journaliste, à part quelques exceptions – il en faut toujours pour confirmer la règle – ne lira une RFC ou n\’essaiera de comprendre les avantages comparés de la cryptographie asymétrique et de la cryptographie elliptique. Ils veulent – et ont besoin – d\’outils qui protègent leurs données et leurs communications qui juste marchent. Tu cliques, ça marche. Comme chez Apple. Sauf que Apple, on les aime pas trop.

Il y a un chantier énorme pour la communauté des développeurs et des experts en sécurité : l\’interface utilisateur. C\’est ce qu\’a déjà  compris l\’équipe de cryptocat, ce sur quoi travaille activement l\’équipe de Tails, et ce sur quoi devraient travailler tous les développeurs qui créent des outils pour les journalistes ou les défenseurs des droits de l\’homme.

Hacktivistes, développeurs et libristes, si vous voulez être utiles, vraiment utiles, pensez aux utilisateurs.

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