24 septembre 2018 # # # # # # # 5 commentaires

Twitter, amazon et l’Éducation nationale : « tout va bien »

Twitter, ça n’aide pas au débat. J’en veux pour preuve la ribambelle de commentaires et de réponses sous un tweet dénonçant le fait que l’Éducation utilise des serveurs amazon.

Alain Michel, le twittos qui a publié cette information et qui se décrit lui même comme « Enseignant Formateur Médiateur de ressources », a fait une enquête technique pour savoir où était hébergé le portail https://reperes.cp-ce1.org et a découvert qu’il était hébergé chez Amazon, en Irlande. Il en conclut, ironiquement, « tout va bien ».

Ce tout va bien est tout sauf une conclusion. C’est au contraire une invitation à un déchaînement de commentaires qui démontrent pour la plupart une large incompréhension du sujet.

En commentaires

Dans ces commentaires on retrouve une espèce de Gloubi-boulga informe de peurs parfois légitimes :

parfois non :

parfois complètement hors sujet :

https://twitter.com/Geo13481033/status/1044123428704448512
Tweet effacé, le gars a pas supporté de s’être fait afficher.

avec forcément ce moment inévitable dans toute discussion twitter, le « tais-toi t’y connais rien » lancé par quelqu’un qui ne s’y connaît probablement pas plus que la personne visée :

Sur le fond

Le fait que l’Éducation nationale héberge ses sites chez amazon pose en effet problème. Pas parce que c’est illégal (ça ne l’est pas), pas parce que les données sont hébergées chez amazon (on n’a aucun moyen de le savoir), pas parce qu’elles circulent en clair chez amazon (ça non plus on ne peut pas le savoir sans décortiquer l’application). Non. Ce qui est scandaleux c’est qu’à longueur de journée on (Manu) nous parle de souveraineté numérique et de la nécessité pour le gouvernement de gérer ses propres services alors que les services de l’État – ici l’Éducation nationale – font exactement l’inverse, tout ça pour faire des économies de bout de ficelle qui de toutes façons auront largement été englouties par la somme prises par le prestataire parce que je te parie 10000$ – c’est à dire toutes mes actions amazon – que pas un seul agent de l’État n’a participé à la réalisation de ce site et que tout a été sous-traité à prix d’or par une SSII quelconque.

Sur la forme

Ce genre de tweet ne fait que renforcer ma conviction selon laquelle Twitter – et les réseaux sociaux en général – appauvrissent profondément les débats. Plutôt que de balancer un fion genre « regardez l’IP de reperes.cp-ce1.org  pointe vers un serveur amazon, je dis ça je dis rien, déchaînez-vous », message dont on sait qu’il va être repris massivement car

  1. on n’explique pas vraiment
  2. on laisse largement la place à toutes les interprétations possibles
  3. on bave sur les Gafam, ça fait toujours plaisir (et ne vous méprenez pas sur ce dernier point, il FAUT baver sur les Gafam, mais avec des arguments solides)

il aurait été plus judicieux d’expliquer clairement ce qu’héberger un site chez Amazon implique et en quoi c’est potentiellement un problème. Mais ça s’écrit en un peu plus que 250 caractères. Et surtout, et ça se retwitte moins.

Alors qu’est-ce qu’on fait ? Quelle est la solution ? Kommenksasspass ? Des réponses dans un prochain billet. Indice : on parlera de l’article 13.

Réagissez

Si ce billet vous a plu ou si vous voulez apporter des précisions, ou si vous n’êtes pas d’accord avec ce que je raconte, c’est ici qu’il faut vous manifester. Je me réserve toutefois le droit de supprimer toute contribution insultante ou qui n’aurait rien à voir avec la choucroute.

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  • Quentin Demoulière

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