27 juin 2018 # # # # #

Communs numériques et capitalisme : comment inverser le rapport de force

Ce titre fait très gauchiste et 3e Internationale, mais reste calme et lis la suite, tu verras c’est pas si con.

Wikipédia est l’un des 10 sites les plus consulté au monde, Android, Mac OS, et iOS, sont des dérivés de Linux, 90% des serveurs web tournent avec des logiciels libres, etc. On pourrait croire que le modèle des communs  s’est imposé dans le numérique. Il n’en est rien.

C’est ce qu’explique Lionel Maurel alias @calimaq dans son billet Les Communs numériques sont-il condamnés à devenir des « Communs du capital » ?

Facebook, et YouTube se sont tournés vers Wikipédia pour faire face aux problèmes engendrés par les fausses informations et les théories du complot ; une partie considérable de l’infrastructure d’Internet, qui permet au passage de faire tourner les Facebook, Google, Airbnb et autres vautours, repose sur du logiciel libre. Les plus gros « consommateurs » de logiciels et ressources libres ne sont pas les communautés qui en assurent le développement et la maintenance. Pire, les entreprises qui en profitent le plus n’y contribuent que sur une base de volontariat. Certes elles y contribuent, Google Intel, Facebook, Microsoft, Samsung IBM et quelques d’autres font partie des plus gros contributeurs du noyau Linux, mais leurs contributions sont loin d’être à la hauteur des bénéfices qu’elles en retirent. Ces entreprises captent au passage une partie considérable de la valeur générée par ces projets libres et n’en reversent que quelques miettes à la communauté qui les maintient.

C’est normal me direz-vous, c’est l’essence des licences libres,  sans cette liberté de réutilisation, ces projet ne se seraient pas imposés de la sorte. Et les Facebook Google and co sont déjà bien gentils de soutenir ces projets alors que rien ne les y oblige. Et c’est bien ça le problème :

Ce qui est très dérangeant, c’est que l’on régresse à l’ère du paternalisme industriel, tel qu’il avait cours à la fin du XIXème siècle, lorsque les grands capitalistes lançaient sur une base purement volontaire des « bonnes œuvres » pour compenser par la philanthropie les dégâts humains et sociaux causés par une économie de marché débridée.

Source : Les Communs numériques sont-il condamnés à devenir des « Communs du capital » ? – – S.I.Lex –

Alors, avec Calimaq, cessons d’être naïfs et inversons le rapport de force

Pour sortir de ces contradictions de plus en plus problématiques, il faut se donner les moyens de défendre la sphère des Communs numériques sur une base beaucoup plus ferme que ne le permettent les licences libres aujourd’hui. C’est ce qu’essaient de réaliser les acteurs qui promeuvent des « licences à réciprocité renforcée » qui interdiraient aux entités commerciales lucratives de réutiliser des ressources communes ou qui leur imposeraient un financement en retour.

Source : Les Communs numériques sont-il condamnés à devenir des « Communs du capital » ? – – S.I.Lex –

Imposer des conditions strictes de réutilisation de contenu ou de logiciels peut avoir comme effet de bord  de freiner le développement et la diffusion de certains projets. Si un projet a moins d’intérêt économique, les entreprises privées « classiques » y investiront moins voire pluss d’argent. Ce n’est pas un obstacle, mais une opportunité parfaite pour favoriser un autre modèle, celui des entreprises  (au sens « projet », le sens premier du terme, on l’oublie trop souvent) qui ont d’autres intérêts que la seule recherche du profit : les entreprises de l’économie sociale et solidaire ou les associations à but non lucratif.

Longtemps la communauté du libre a souffert d’une certaine naïveté. En dépit de celle-ci les ressources libres se sont multipliées. Pour en assurer la pérennité et favoriser un autre modèle d’entreprise, il est aujourd’hui temps de serrer un peu les boulons, de botter un peu plus de culs, et de demander d’imposer plus de réciprocité. #payback

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  • Usni

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