23 juin 2018 # # # #

Loi anti « Fake news », explications en vidéo

Les auditions des professionnels de l’information et d’organisation de défense des journalistes sur la loi anti manipulation de l’information ont débutées cette semaine au sénat. À cette occasion, je publie la conférence que nous avons animée avec Nothing2Hide sur ce sujet au Toulouse Hacker Space Festival en mai dernier (toujours en avance sur notre temps), commentée et chapitrée.

Pour voir la conférence en entier, c’est ici. Merci à TV bruits pour la captation.

Zoé de Bussière, journaliste, sur les Fake news

On commence la conférence avec notre invitée,  Zoé de Bussiere, auteure du reportage « Fake news, fausses informations et vrais bénéfices« . Zoé est journaliste pour Cash Investigation et Premières ligne et membre de l’association Fake off, qui travaille précisément sur ce sujet. Une intervention émaillée de quelques incidents techniques,  à peine visibles  #systèmeD.

« Fake news », un mot valise

Pour comprendre un phénomène il est important de le définir. Déconstruction du mot valise « fake news ».

Le Quizz

Et pour voir si le public a bien suivi, quizz spécial Fake news. Toi aussi tu peux jouer chez toi ami lecteur.

La loi anti Fake news en France

De son vrai nom, loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information. Cette loi n’en est encore qu’à l’état de projet mais comporte déjà des disposition inquiétantes. Parmi celles-ci, la possibilité de déclencher une action en référé pour ordonner toute mesure utile pour faire cesser la diffusion de « faits constituant des fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin à venir ».

Les lois anti fake news ailleurs dans le monde

La France n’est pas le seul pays à vouloir légiférer sur la manipulation de l’information, loin de là. Petit tour des législations anti fake news dans le monde et constat amère : toutes les lois sur ce sujet sont le fait de pays qui font peu de cas de la liberté d’expression.

Les propositions de l’ONU

Le projet de loi anti fake news en France dans sa forme actuelle est attentatoire à la liberté d’expression. Certes, mais pour les fake news, qu’est-ce qu’on fait en attendant ? L’ONU et son rapporteur spécial à la liberté d’expression, David Kaye, ont quelques (excellentes) idées (dont auraient bien fait de s’inspirer les rédacteurs du projet de loi).

Les propositions de la société civile

La société civile a également quelques idées. Malheureusement pas toutes bonnes, en tout cas en ce qui concerne l’ONG Reporters sans frontières. Celle-ci souhaite créer un système de labellisation de la presse indépendante, baptisé Journalist Trust Initiative. On vous explique en quoi ce serait une catastrophe. Et on rappelle au passage avec Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information et de la communication, que le problème des fake news n’est pas limité aux médias et repose essentiellement sur leur véhicule, à savoir les réseaux sociaux.

Et depuis ?

Cette loi en est toujours à l’état de projet. Le sénat se prépare à recevoir le texte dans le processus des navettes parlementaires. À ce titre celui-ci a auditionné le 13 juin des responsables de médias, des associations de journalistes et Reporters sans frontières.

Lors de cette audition, RSF n’a pas bougé d’un millimètre de sa position atterrante. Par la voix de son Secrétaire général, Christophe Deloire, l’organisation affirme qu’il n’est pas illégitime de légiférer sur les Fake news et que la solution réside dans la création d’un système de labellisation des médias, la fameuse Journalist Trust Initiative.

Je reste sans voix devant cette absence de lucidité. Et je ne suis pas le seul. Les avocats et les associations de journalistes rejettent en masse le texte dans sa forme actuelle et demandent son retrait. Lors de l’audition du 13 juin, Francis Morel, président du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) reprend de volée (coupe du monde oblige) Christophe Deloire et son système de labellisation de la presse indépendante en rappelant une évidence que RSF semble avoir oubliée : les médias ne sont pas les seuls à fabriquer de l’information.

Je souhaite juste préciser que je m’oppose au projet présenté par Christophe Deloire, qui propose de contrôler la déontologie de l’ensemble des professionnels. Beaucoup d’informations ne proviennent pas des journaux. Mais les seules qui pourraient être vérifiées seraient celles provenant des journaux déjà contrôlés. L’ensemble des informations venant d’autres sources, pourtant les plus nuisibles, ne pourraient l’être. En outre, il me paraît extrêmement important qu’il y ait obligation pour les plateformes de négocier avec la presse écrite le contenu diffusé. Il faut l’inscrire dans la loi, afin que le rapport de force soit établi.

Francis Morel, président du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN, audition au sénat, le13 juin 2018
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Bravo M. Morel, très beau geste technique, je n’aurais pas mieux fait.

Réagissez

Si ce billet vous a plu ou si vous voulez apporter des précisions, ou si vous n’êtes pas d’accord avec ce que je raconte, c’est ici qu’il faut vous manifester. Je me réserve toutefois le droit de supprimer toute contribution insultante ou qui n’aurait rien à voir avec la choucroute.

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