22 juin 2018 # # # # # #

Cybercolonisation, après l’Europe, l’Afrique ?

Cybercolonisation. Le mot est de Cédric Villani, célèbre mathématicien au look désuet et député en marche, en charge de tous les rapports de la startup nation dès qu’il est question d’intelligence artificielle ou de big data.

Dans un article du monde sur l’émergence d’un écosystème technique dans le continent africain, Cédric Villani alerte sur les dangers d’une future main mise des gros acteurs de l’Internet et de l’industrie informatique, phénomène qu’il nomme très justement « cybercolonisation ».  Villani est même assez lucide pour expliquer que c’est exactement ce qui s’est passé en France (voire dans toute l’Europe) ces dernières années.

Considérez-vous cela comme un risque ou une opportunité pour le développement de l’Afrique ?
Je ne vois pas tellement de risque pour les entrepreneurs eux-mêmes, c’est une grosse opportunité. Le principal problème se pose, de façon plus diffuse, pour les gouvernements et les institutions. Il y a un risque de captation de la valeur et de la compétence par les institutions étrangères. C’est un peu ce que nous avons déjà connu en France : les grandes plates-formes sont les compétiteurs numéro un du gouvernement français pour ce qui est du développement de l’intelligence artificielle. Ces grandes plates-formes captent toute la valeur ajoutée : celle des cerveaux qu’elles recrutent et celle des applications et des services, par les données qu’elles absorbent. Le mot est très brutal, mais techniquement c’est une démarche de type colonial : vous exploitez une ressource locale en mettant en place un système qui attire la valeur ajoutée vers votre économie. Cela s’appelle une cybercolonisation.

Source : Intelligence artificielle en Afrique : « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani

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