Des démocraties parmi les « Ennemis d’Internet »

Reporters sans frontières a sorti son rapport annuel sur les Ennemis d\’Internet. En 2014, l\’ONG s\’est concentrée  sur les institutions qui mettent en oeuvre la censure la surveillance en ligne.

Toutes les institutions épinglées dans ce rapport n\’appartiennent pas à des régimes autoritaires. Certes, il y a le Bureau d\’Etat de l\’information sur Internet en Chine ou les Gardiens de la révolution en Iran, mais on trouve également le Centre de développement des télématiques en Inde, le GCHQ de nos amis britanniques et la NSA américaine. Ça fait toujours plaisir de taper sur la NSA, c\’est à la mode tout ça. Ceci dit, le fait que 3 grandes démocraties figurent dans ce rapport est loin d\’être réjouissant.

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Internet et le contrôle de l\’information en ligne sont devenus des enjeux politiques et ce, pour tous les régimes, autoritaires ou démocratiques. Il n\’y a quasiment plus un seul pays au monde qui ne filtre ou ne surveille le réseau chez lui. Le temps des grandes illusions libertaires sur Internet est bel et bien révolu.

Ce n\’est pas plus mal. Je ne me réjouis évidemment pas du comportement indigne de régimes dits démocratiques. Par contre, après avoir entendu pendant de nombreuses années un discours naïf et un peu niais type Internet c\’est l\’avenir, Internet c\’est génial, Internet va sauver le monde, ce constat nous oblige à nous interroger sur les usages du réseau Internet et sur son potentiel aliénant ou émancipateur. Internet n\’est qu\’un outil. Un outil tel qu\’on n\’en a jamais eu avant certes, mais rien qu\’un outil. Et comme tous les outils, c\’est l\’usage qui compte.

Donc chers utilisateurs d\’Internet, si vous ne voulez pas que ce truc qui vous sert à vous exprimer et à communiquer librement ne devienne qu\’un outil de surveillance de plus au service des États, il va falloir vous bouger un petit peu. Genre, créer des sites, des services, faire des crypto-trucs et aussi, parce que non, je ne suis pas un libertaire libéral ou un crypto-anarchiste et oui, je crois encore à la mobilisation politique, interpeler vos élus. Combien ont appelé leur député pour leur faire part de leurs inquiétudes au sujet de la loi de programmation militaire ? La loi est passée mais il n\’est pas trop tard. Il y a un truc qui s\’appelle les élections ; ça permet de sanctionner les choix de nos élus quand ceux-ci sont hermétiques au dialogue. Ça tombe plutôt bien, il y en a dans pas très longtemps.

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