De l’importance du logiciel libre

27 juin 2013 , , , Pas (encore) de commentaires
Dans le cadre de mon travail chez Reporters sans frontières, je monte et donne des formations à destination  des journalistes, net citoyens et blogueurs sur la protection des données et des communications. Les supports de ces formations sont sous licence creative commons, accessibles et réutilisables par tous.  À titre personnel, et c’est également la position de RSF, je crois que ce type d’information peut intéresser tout le monde : la protection des sources et de la vie privée n’est pas qu’une affaire de journalistes, ce sont des enjeux démocratiques.

Au cours de ces formations, je m’efforce de rendre accessible des outils qui existent depuis longtemps déjà mais dont l’usage était jusqu’ici cantonné à la communauté des bidouilleurs et hackers. Je ne suis pas dogmatique et je n’impose jamais l’utilisation d’un système d’exploitation libre. Le « D’t’façons t’utilises Windows, t’es foutu. Mac, c’est pas mieux. Rentre chez ta mère » n’est pas une méthode pédagogique efficace. Windows, Mac ou Linux, il n’y a pas un outil meilleur qu’un autre autre. Le meilleur outil est celui qu’on maîtrise.

Cependant l’affaire Prism #BuzzWord a un peu changé la donne. Le fait que le nom de sociétés américaines telles qu’Apple ou Microsoft apparaissent dans une présentation décrivant le système d’interception d’une agence de renseignement américaine est pour le moins dérangeant. Avant nous n’en étions pas complètement sûrs, aujourd’hui, nous en sommes absolument certains : l’utilisation d’un OS propriétaire est un obstacle à la protection de la vie privée #FEAR.

Il existe de nombreux moyens de protéger ses mails, ses conversations instantanées, ses fichiers que ce soit sur Windows ou sur Mac, mais l’exécution d’outils, fussent-ils libres, dans un environnement hostile ne peut garantir la confidentialité des données et des communications.

Alléluia mes frères, tout n’est pas perdu. Il existe des systèmes d’exploitation libres qui ne sont pas développés et maintenus par de grosses firmes américaines obligées de faire tout ce que leur demande le gouvernement américain mais par des geeks velus bien souvent réfractaires à toute forme d’autorité.

Un logiciel libre respecte 4 liberté fondamentales :

  • la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0) ;
  • la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu’il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1) ; l’accès au code source est une condition nécessaire ;
  • la liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin (liberté 2) ;
  • la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l’accès au code source est une condition nécessaire.

En termes simples, le code d’un logiciel libre est accessible à tous et a été testé et éprouvé par de nombreux développeurs velus et barbus, contrairement à celui de Windows ou Mac OS qui lui n’est accessibles qu’aux développeurs d’Apple ou de Microsoft qui sont eux glabres et chauves. L’utilisation d’un système d’exploitation libre est la garantie de ne pas trouver une porte dérobée sur son ordinateur qui fuiterait discretos des fichiers et des données vers un tiers. Pas à 100% non plus faut pas déconner.

Pour franchir le pas, je vous recommande Ubuntu, un OS open source dont l’énorme  avantage est sa facilité d’utilisation.

L’installation est simple. De nombreux tutoriaux existent sur le sujet. Vous avez même la liberté de tester Ubuntu sur un CD ou une clé USB avant de vous embarquer dans le formatage de votre disque dur. Pour ceux qui sont tentés, quelques liens utiles :

Bienvenue dans un monde libre.

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