Webdocumentaire : Goudou Goudou, les voix ignorées de la reconstruction haïtienne

11 janvier 2011 , , Pas (encore) de commentaires

Le webdocumentaire étant plutôt à la mode en ce moment, spécialement depuis prison valley, j’étais très très curieux de voir à quoi pouvait ressembler celui-ci. Par ailleurs RSF ayant soutenu la création de ce documentaire et la cantine étant juste à côté des locaux de RSF, je ne pouvais pas ne pas y aller.

Giordano et Benoît sont partis d’un constat simple : juste après le séisme, tous les médias ont parlé de Haïti. Pourtant, après quelques semaines, comme très souvent, l’actualité et l’attention ont changées. D’autres sujets ont accaparé l’attention : explusions indignes de roms en France, scandaleuse affaire Bettencourt, vrai faux remaniement de gouvernement, chutes de neige au mois de décembre et que sais-je encore [1]. Qu’est-ce que tu veux bonhomme, on ne peut pas parler continuellement d’un truc qui s’est produit il y a presque un an à plus de 6000 km de la France. Déjà qu’au-delà du périph ça fait loin, alors à 6000 km… Tu comprends ? L’audience coco. Ton salaire, c’est les pubs qui le paient. Ne l’oublie pas jeune. Bref, après quelques semaines, on parlait moins d’Haïti.

A l’occasion du triste anniversaire du tremblement de terre, ce mercredi 12 janvier, Giordano et Benoît ont voulu fixer à nouveau l’attention sur Haïti et donner la parole à ceux qui ne l’avaient pas beaucoup eu jusqu’ici : les journalistes haïtiens. Ce webdocumentaire, c’est la reconstruction de l’ile racontée par 5 journalistes qui vivent et exercent leur métier en Haïti.

Le webdocumentaire sera diffusé dès mercredi est disponible sur RFI et sur RSF.org et repris sur rsf.org si possible. Au pire ce sera relayé.

Goudou goudou, ça veut dire quoi ?

Contrairement à ce que me soufflait mon voisin sympa mais un peu lourdaud de droite [2] lors de l’avant première, goudou goudou ne veut pas dire lesbienne lesbienne. C’était bien nul et je lui ai fait remarquer parce que c’est pas parce qu’on connaît pas quelqu’un pas qu’on a pas le droit de lui dire que ses vannes sont nazes. Goudougoudougoudougoudou c’est le bruit qu’ont entendu les haïtiens lorsque la terre s’est ouverte. C’est comme ça que l’on désigne le tremblement de terre là-bas. On l’appelle également La chose.

Journalisme et responsabilité (oui j’ai dit responsabilité jeune)

Lors de cette avant-première, en plus de la présentation du projet par Giordanno et Benoît, j’ai eu l’occasion d’assister à la projection de l’un des 5 sujets du web docu (j’ai pas pu rester jusqu’à la fin j’avais piscine). A la fin de la diffusion de cette première vidéo toute la salle a applaudi. Naturellement. Simplement. Dans ce film, il y avait un passage particulièrement marquant au cours duquel le jeune journaliste qui témoigne explique :

j’ai fait ce qui est de ma responsabilité, j’ai mis mon micro sur sa bouche (il parle d’une femme qui doit s’occuper de son fils épileptique et que ne reçoit aucune aide) pour que les autorités compétentes soient au courant.

C’est assez précieux d’entendre le mot responsabilité dans la bouche d’un journaliste. Les journalistes haïtiens pourraient certainement apprendre le sens de ce mot à nos journaliste locaux tenants du journalisme lol. Je m’arrête là pour le cassage de sucre parce que le but de ce billet c’est pas non plus de dézinguer nos pauvres jeunes journalistes twittos-stars parce je pense qu’ils ne font finalement pas le même métier que les gars interviewés dans ce webdocumentaire. Et le but de ce billet est avant tout de vous donner envie de le découvrir. Le webdocumentaire. Pas le journalisme lol.

  1. Ces exemples sont données à titre indicatif, n’y voyez aucun militantisme politique de la part de l’auteur de ce billet – non en fait si quand même un petit peu
  2. Les lourdauds sont souvent de droite – allez hop, c’est gratuit !

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