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Libé, casseur de grève

Ca fait bien longtemps que le journal Libération n’est plus un journal intelligent. Laurent Joffrin le prouve encore ce matin avec une newsletter intitulée « Absent des kiosques, Libération vous offre le journal du jour en format numérique ». Je reproduits ci-dessous le contenu de la newsletter. On ne peut pas faire beaucoup plus clair :

En raison de mouvements sociaux dans les imprimeries et dans le réseau de distribution, «Libération», comme les autres quotidiens nationaux, ne paraît pas ce mercredi 21 avril. De manière à ne pas pénaliser trop nos lecteurs, nous avons décidé de mettre le journal à leur disposition sur Libération.fr. Vous pouvez donc lire en ligne notre quotidien, à côté de l’actualité en continu accessible tous les jours sur notre site.
«Libération» vous présente ses excuses pour cette non-parution indépendante de notre volonté.

Laurent Joffrin, Coprésident de Libération

En gros ces salauds d’ouvriers du livre font grève et nous empêchent de diffuser notre bon journal. Qu’à cela ne tienne, on va offrir gratos la version numérique. Ils comprendront ces fainéants que l’avenir des journaux se fera sans eux, non mais ho hein, c’est qui le patron ? (c’est toi Laurent évidemment).

Evidemment la situation est plus complexe que ça. Les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP) disposent d’un quasi monopole de la distribution des journaux sur Paris. Par ailleurs, l’efficacité de ce réseau de distribution est toute relative, le coût de distribution représentant en moyenne 40% du coût total du journal. Il est d’ailleurs prévu de réformer le  NMPP dans le cadre d’un plan ce modernisation estimé à 130 millions d’euros. Réformer ça veut dire optimiser, licencier et indemniser. Les indemnisations prévues dans ce plan s’élèvent jusqu’à 300 000 euros pour un salarié de plus de 55 ans. Evidemment l’argent ne remplace pas forcément un boulot, mais quand même, on ne peut pas dire que les salariés du NMPP soient mal lotis. A titre de comparaison, les ouvriers d’Amora en grève en mars 2009 suite  à la fermeture de leur usine  à Dijon se voyaient proposer par la direction un montant maximum de 35 000 €. 10 fois moins. Voilà.

Donc, pour en revenir à Libé et  à sa newletter qui dénonce grave, plutôt que de jouer les gros bras et de dire « ah ouais ! vous voulez pas distribuer not’ journal ! Ranafout’ d’abord. On va offrir la version payante aux internautes. Comme ça bande de nazes, vous allez comprendre que de toute façon, vous jours en tant que distributeurs son comptés » – je caricature un peu, mais l’idée est là – Joffrin aurait eu tout  à gagner  à exposer un peu plus les raisons de son conflit avec ses réseaux de distribution. Parce que là, tout ce Libé va gagner, c’est une sale image de casseur de grève.

En plus le lien qui renvoie vers le journal est moisi : http://www.libération.fr – avec un accent… Casseur de grève même pas très pro en plus.

2 réponses à “Libé, casseur de grève”

  1. Baptiste dit :

    300 000€, ça représente 600 mois de mon salaire… D’accord, je bosse à mi temps (même pas) mais quand même…

    presque 300 mois de smic, moi si on me donne ça j’arrète de bosser!

  2. Yann dit :

    La vraie question est plutôt : qui lit encore Libé ?

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