Lettre ouverte à Martine et aux militants PS de Languedoc Roussillon

21 décembre 2009 , 4 commentaires
Il m’arrive parfois sur ce blog d’écrire des billets politiques. Je tape sur les personnalités que je n’aime pas, de droite comme de gauche, et je dis du bien de celles que j’apprécie, de gauche comme de… Bha à droite non désolé, rien.

Or donc, il advint qu’en l’an de grâce 2006, le 31 aout pour être exact, j’écris un billet un peu moqueur au sujet du blog de Laurent Fabius. Pas trop de réaction sur ce billet, un billet comme on en écrit tant sur les blogs, parfois intéressants, parfois moins, celui-là étant clairement à classer dans la deuxième catégorie.

Et aujourd’hui, 3 ans après, que vois-je ? Un commentaire d’une certaine Martine [1]. Sur un billet qui parle de Laurent Fabius elle me parle de George Frêche. Le commentaire in extenso :

Vous ne pourriez pas vous occuper de votre région et nous ficher la paix, ici nous voulons Georges Frêche alors ce n’est pas votre problème et surtout il est facile de sortir les paroles de leur contexte, qui veut tuer son chien l’accuse de la rage….
si vous le connaissiez , vous verriez c’est un des hommes les moins raciste que je connaisse .
Passez un bon noël et retez en dehors de nos affaires languedociennes

C’est assez éloigné du sujet du billet. C’est ce qu’on appelle un troll. Une réaction pas constructive, n’ayant aucun rapport avec le sujet initial et à laquelle on ne peut pas vraiment apporter de réponses. Mais puisque Martine souhaite que je parle de George Frêche, je vais en parler.

Il faut savoir qu’à l’heure où j’écris ce billet, on est à quelques semaines des élections régionales. George Frêche se présente à la présidence de la région de Languedoc Roussillon avec  la molle bénédiction de son parti, le PS. Ce qui est finalement assez inattendu.

George Frêche s’est surtout fait connaitre au niveau national par ses déclarations xénophobes. Le PS l’avait d’ailleurs exclu, ou au moins envisagé de l’exclure en 2007 suite à ses propos sur un groupe de harkis qu’il avait traité de sous-hommes. George Frêche avait récidivé quelques années plus tard avec des propos sur la composition de l’équipe de France dans laquelle il trouvait qu’il y avait beaucoup de noirs par rapport à la moyenne nationale. Mais il faut croire que ces sorties là plaisent aux militants PS du coin car malgré ces dérapages, le soutien des militants pour le beau Georges s’est avéré intact : ceux-ci ont plébiscité à 90% les listes divers gauche de Georgie pour les régionales. Devant un tel succès, le PS s’est couché a suivi le vote populaire et a donné son accord pour la nomination de Georgie comme candidat PS aux régionales en Languedoc Roussillon.

Donc Martine, ne t’inquiète pas, je te laisse tranquille toi, ta région et tous les militants socialistes du coin qui avez soutenu Georges Frêche. Après tout, qu’est ce que j’y connais au Languedoc Roussillon ? Pour moi, ça n’évoque que les abricots et un politicien usé qui n’occupe plus l’espace politique qu’avec quelques sorties ultra limites. Mais peut-être que si le connaissais, je ne dirais pas ça. Et puis sa nomination pour les régionales, c’est l’expression de la voix du peuple. Enfin du peuple de militants socialistes. Je te rappelle cependant très chère Martine qu’aux régionales il n’y a pas que les militants qui voteront, il y aura aussi des citoyens.

Sur ce, je te souhaite à toi ainsi qu’à tes très éclairés camarades socialistes de très bonnes fêtes.

  1. Martine a signé avec son propre nom et m’a même laissé son adresse e-mail. Cependant, pour ne pas la mettre nommément en cause, j’ai supprimé son nom de famille du commentaire en question.

Réagissez

Si ce billet vous a plu ou si vous voulez apporter des précisions, ou si vous n’êtes pas d’accord avec ce que je raconte, c’est ici qu’il faut vous manifester. Je me réserve toutefois le droit de supprimer toute contribution insultante ou qui n’aurait rien à voir avec la choucroute.

  1. Tant qu’il dit ce qu’il pense, moi je ne trouve pas ça dérangeant, au contraire :
    -> Si il trouve qu’il y a trop de noirs en équipe de France par rapport à la moyenne nationale, c’est une opinion et ça ne fait pas de lui un raciste. Il faut juste lui expliquer qu’on prend les meilleurs.
    -> S’il trouve que certains harkis (ceux à qui il s’adresse) sont des sous hommes (pour des raisons x ou y). Si c’est ce qu’il pense et qu’il le dit, ça ne me choque pas non plus et ça ne fait de lui non plus un raciste.

    Ce qui me dérange plus ce sont :
    -> les discours nauséabonds de certains politiciens André Valentin UMP
    -> Et les extrémistes qui sont rois sur la toile : Cachés derrière leur clavier, ils peuvent se lâcher sereinement en nous faisant croire qu’ils sont la majorité silencieuse.

  2. La référence aux « sous-hommes » est nauséeuse. sous-hommes = traduction litérale de unter menschen = ce dont étaient traités les juifs sous l’Allemagne nazie. C’est un dérapage regrettable, surtout pour un homme politique, encore plus pour un professeur de droit. Moi, ça me choque.

    Ca m’ennuie vraiment qu’on passe ce genre de chose à un homme politique en exercide – surtout que les propos en question étaient tenus lors d’une séance publique.

  3. Suite à ces attaques racistes, il y avait eu une excellente émission de feue Arrêt sur Image qui concluait que Georges Frêche était un des derniers politiques non politiquement correcte et qui n’a pas la langue de bois. Il parle aux électeurs comme on peut parler de temps en temps à ses collègues ou des amis de longues dates avec des traits d’humour pourris que certains pourraient taxer d’homophobes, ou de sexistes…

    Il a le franc parler on dirait, il force les caricatures et arrive en cela à captiver son auditoire.

    Maintenant, sortie du contexte local, les mots peuvent heurter il est vrai mais doivent ils forcément provoquer la mise à mort ?

    Au delà des mots, ne faut il pas regarder les faits ? Ayant vécu à Montpellier, la ville de frêche, je peux témoigner aisément que l’homme n’est pas raciste. Sa politique a contribué au contraire à ne pas isoler les quartiers les plus défavorisés et ethniquement diversifiés du centre ville. Alors que la politique de son prédécesseur de droite consistait à mettre des arbres entre le quartier sensible de la Paillade et le centre ville, Frêche a fait passer des lignes de bus et la première ligne de tramway. Lors du débat sur le tracé du tramway, il a fallut du courage politique pour faire avaliser ce choix à un lobby commerçant qui voyaient déjà les « jeunes immigrés » briser ses vitrines. Il y a aussi une importante vie culturelle qui contribue à ne laisser personne sur le carreau. Enfin le personnel autour de Georges Frêche est très mixte bien avant tout politique de quotat.

    C’est au regard de ce contexte que l’électorat et les socialistes renouvellent systématiquement leur confiance à cet homme malgré ses petites phrases que certains peuvent trouver douteuses mais qui sont une bien moindre chose comparée aux actes.

    Non Georges frèche n’est pas raciste. On peut par critiquer sa politique communautariste et regretter son énorme Ego.

    Sur la question des harkis et des sous-hommes il s’agit encore d’une référence locale qui ne peut être comprise à Paris. Dans les faits, Frêche s’est retrouvé dans un meeting face à un membre de l’opposition de droite représentant des harkis. Or à cause de son grand égo si on essaye de contester l’opinion du grand Georges on s’expose à des remontrances, voire des insultes. George a ainsi déclaré que cet homme était un sous-homme « car il était à la botte de la droite et on savait comment De gaulle avait réglé le problème des harkis ». Bien entendu, hors de tout contexte, on peut aisément gloser sur des concepts philosophiques. Mais ces gloses ne sont pas acceptées localement car le tempérament de l’homme on le sait est bouillant. Et on le sait tous quand on est bouillant on dit des conneries qui ne sont pas réfléchis et auxquels il ne faut pas donner trop de sens.

    Après la question est de savoir si un homme politique doit être irréprochable, être calme, donner une bonne image. On est dans ce modèle quand on scrute à la loupe la vie people des hommes politiques. Mais c’est une certaine conception de la politique. D’autres préfèrent regarder ce qui se fait concrètement en pensant que nulle n’est parfait et que tout le monde est humain.

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