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La crise (1) : où l’on apprend qu’en france, on n’a pas de pétrole mais on a de vaches de bonnes idées

Je relaie ici l’initiative intéressante d’un journaliste de Médiapart, Mathieu Magnaudeix, lequel utilise le service googlemap pour réaliser une cartographie de la crise économique économique actuelle.

Je relaie ici l’initiative intéressante d’un journaliste de Médiapart, Mathieu Magnaudeix, lequel utilise le service googlemap de façon bien originale.

Cartographie de la crise

Depuis septembre 2008 [1], Mathieu répertorie sur le service de google toutes les suppressions d’emplois annoncées en France. Aujourd’hui, ça donne ça :

Agrandir le plan

Au delà du résultat, édifiant et tout à fait flippant [2], ce que je relève ici est l’utilisation pertinente d’un service web2 pour un traitement l’information inédit. Ce stratagème informatif représente  à mon humble avis [3] le futur de l’information sur internet. Rien que ça.

Des médias pas très originaux

On dit [4] que chaque média, à ses débuts, ne fait qu’imiter le précédent avant de trouver sa propre voie et d’exploiter ses propres spécificités. La radio à ses débuts diffusait des pièces de théâtre enregistrées. Puis sont venus des programmes spécifique, puis les radios libres… De même, la télé à ses débuts début diffusait beaucoup de pièces filmées et le journal de 20h00 était animé par un présentateur seul devant un micro… comme à la radio. Puis sont apparues des dispositifs un peu plus sophitiqués : les speakrines, Denise Fabre, PPDA, Le loft, la télé réalité…

De la même manière, le web à ses débuts a calqué son modèle sur le papier. Internet ce n’était jamais que du papier en moins cher se disait-on. Aujourd’hui on en est revenu et on se dit que finalement, on n’écrit pas de la même manière sur internet que sur le papier. Maintenant (et depuis un ou deux ans même), la nouvelle direction qu’emprunte de nombreux sites, c’est la vidéo. Il faut faire de la vidéo. La vidéo sur le web, c’est l’avenir coco. Bien sûr évidemment ! C’est pas comme si youtube n’était pas rentable, c’est pas comme si mobuzz (une des premières web tv de qualité) était mort, c’est pas comme si Dailymotion vivait sous perfusion… Ah si ? Bon. Bref. La vidéo sur le web, c’est pas encore sûr que ça le fasse vraiment.

Un dispositif original

C’est pour cette raison que le dispositif informatif du journaliste de Médiapart est aussi intéressant. Grâce à l’une des spécificités du média web, le fait de pouvoir actualiser encore et encore un document (ou une ressource en langage web), Mathieu Magnaudeix a réussi à créer un dispositif original et tout à fait adapté au média web de présentation de l’information.

En période de crise, comme l’affirmait un vieux slogan gouvernemental dans les années 70 pendant la crise non pas financière cette fois mais pétrolière : en France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées.

  1. À l’époque où l’on n’osait pas parler de crise et qu’on employait l’euphémisme imbécile de croissance négative
  2. Mathieu Magnaudeix pourrait prétendre aisémment au Roger Gicquel d’or 2008
  3. mon humble avis, toutefois pas assez humble toutefois pour que je ne souhaite pas le partager
  4. on, c’est Régis Debray et son introduction à la médiologie

7 réponses à “La crise (1) : où l’on apprend qu’en france, on n’a pas de pétrole mais on a de vaches de bonnes idées”

  1. Léna dit :

    Ce document est à la fois très intéressant (en tant que création de contenu totalement web et pas copié sur autre chose) et totalement inutile (en tant qu’évaluation de la crise), comme les econoclastes le soulignent : la crise, ça fait moins de créations d’emplois mais pas vraiment plus de destructions.

  2. Bonjour, et merci de votre sympathique article

    Je ne sais pas si je gagnerai cette année le Roger Giquel d’or (euh… en fait je suis pas candidat hein) mais je vous assure que tout cela n’est pas fait pour faire flipper la France entière. Je crois simplement qu’en effet, en ce moment, il y a beaucoup plus d’emplois détruits que créés (30.000 sur les deux derniers trimestres, dit le ministère de l’économie lui-même) et bien sûr les chiffres du chômage le montrent. C’est peut-être temporaire, et peut-être même que la crise va accélérer une mutation accélérée vers les services ou la croissance verte, mutation déjà amorcée depuis bien longtemps. Mais pour l’instant, de fait, des emplois industriels sont détruits, et sans vouloir jouer les démagos, il suffit de s’en rendre compte en allant voir ce qui se passe dans les usines.

    Bien à vous

    Mathieu

  3. […] parlais dans mon billet précédent d’un traitement nouveau et original de l’information vu chez Mathieu Magnaudeix, […]

  4. Grégoire dit :

    Bonjour Mathieu,

    Évidemment, le nombre de chômeurs a augmenté et bien sûr qu’il y a plus d’emplois détruits en ce moment qu’il y a 2 ans ou même seulement un an, quoi qu’en disent les éconoclastes (@Léna: le doc auquel il est fait référence est un rapport datant de 2005 sur les créations et les destructions d’emploi aux Etats UNis. Un peu daté donc, car paraît-il cette crise est nouvelle, et un peu à côté géographiquement parlant. Sans vouloir être démago, pour se rendre compte que la situation du marché de l’emploi est quand même difficile en ce moment, je reprendrais les mots de Mathieu et te répondrai que il suffit de s’en rendre compte en allant voir ce qui se passe dans les usines. Ou dans les bureaux, ça marche aussi).

    Je dis que votre carte est flippante en ce sens qu’elle ne répertorie que les destructions d’emplois sur la fin 2008. Elle ne propose pas de comparaison avec un autre critère, que ce soit le nombre de création d’emploi au même moment, ou le nombre d’emplois détruits un an plus tôt. Ça fait qu’on a l’impression que la situation est tout simplement catastrophique.

    Alors que non ! Moi par exemple, je suis en train de créer mon emploi. Et pourvu que ça dure !

  5. Il faut tous qu’on déménage dans le massif central si je comprend bien 🙂

  6. SebyRollins dit :

    A propos de la vidéo sur le web : les services de VOD de films et séries à la demande sont bancable 🙂
    La vidéo en tant que « média », c’est comme les photos, cela ajoute du piment à un article mais ça coûte plus que ça ne rapporte : c’est souvent pour ça que les programmes trop quali disparaisse (mobuzz) au profit de programmes pas cher tourné et monté à la « one-again » par des journalistes papiers ou web improvisé RI pour l’occasion (JRI koi !).

  7. ipub dit :

    Savez-vous s’il existe une carte des créations d’emplois ou des initiatives d’entrepreneurs ?

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