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Petite leçon de journalisme… donnée par des blogs

Hier j’ai posté assez vite un billet au titre provocateur On s’en fout où je racontais que Facebook s’était trouvé un président. Aujourd’hui, je persiste et je signe : on s’en fout toujours autant. Pourtant l’histoire de Facebook et de son président est intéressante à plus d’un titre.

Facebook, un réseau social

Facebook est un réseau social. On s’inscrit, on se fait des amis (virtuel) et on s’envoie pleins de trucs inutiles pour rigoler un bon coup : des posts, des wall posts, des super wall posts, des super vidéo wall posts, etc… On peut aussi installer des applications développées par des tiers, lesquelles permettent de faire 36 000 choses toutes aussi indispensables les unes que les autres: élever des lapins de combat, jouer aux pirates et aux ninja, vampiriser ses amis facebook ou supporter des causes aussi nobles et belles que l’interdiction du port du jean slim.

Le principe des applications facebook repose sur le fait d’être intégré à un réseau et de se comparer et ou d’interagir avec ses membres. L’une de ces applications, Fbook president, propose aux utilisateurs l’ayant installée de voter pour élire le président de facebook. C’est de la blague, c’est potache, ça sert juste à perdre un peu de temps au boulot derrière son bureau plutôt qu’au boulot devant la machine à café.

Le président de Facebook

N’importe qui peut créer une application. Fbook president a été développée par la société Clutter me, laquelle n’a aucun rapport avec facebook. Le président élu par les utilisateurs de cette application n’a d’autre légitimité que celle du gars qui a gagné un concours un peu potache. Sympa, mais potache.

Arash Derambarsh, le premier président élu par l’intermédiaire de cette application, s’est pris très au sérieux et a envoyé un communiqué de presse à la plupart des journaux français [1] pour annoncer sa récente nomination au poste président de facebook.

Une information largement relayée par la presse…

Ce qui est grave, vraiment grave, c’est que l’information a été relayée par Le Point, LCI, Europe 1, le Figaro, le Parisien, l’Express… et j’en oublie certainement. Tous sont de grands médias nationaux qui n’ont rien trouvé de mieux à se mettre sous la dent qu’une élection d’un président fantoche sur internet.

Ces grands médias nationaux ont non seulement relayé une information bidon mais en plus, une information fausse. Arash Derambarsh clamait haut et fort que du haut de son tout nouveau statut de président de facebook il était capable de toucher plus de gens que Nicolas Sarkozy , sa botte secrète résidant dans le fait que son nouveau statut lui conférait le droit d’envoyer un message privé à chacun des 120 millions d’utilisateurs de Facebook (qui sont en fait un peu moins de 60 million).

Evidemment, rien ne permet au président de facebook de faire une chose pareille. Malheureusement, aucun de ces grands médias n’a cru bon de vérifier l’information et tous ont relayé telles quelles les déclarations de monsieur Derambarsh.

… et démentie sur des blogs

Seuls quelques blogs ont fait part de leur étonnement face à la couverture médiatique accordée par notre presse à ce non-événement. Ensuite, ZDNet, d’abord par l’intermédiaire du blog d’Estelle Dumout, Web Side Story, puis de façon plus officielle sous forme d’actualité, a publié le démenti officiel de facebook.

C’est ce qui est intéressant dans cette histoire de président : c’est d’abord sur des sites pas sérieux, des blogs – pfff des blogs, les nazes- que le loup a été levé [2].

Je n’oppose pas blog et site de news. À mon avis, les deux ne diffèrent que par leur format. J’observe juste que ce n’est pas parce qu’on écrit au format blog qu’on raconte n’importe quoi et ce n’est pas parce qu’on est titulaire de la carte de presse qu’on vérifie forcément ses informations [3].

  1. Oui, c’est un français qui a été élu président de Facebook. Comme je l’ai lu dans un des commentaires de Mashable france : Roi d’un pays de cocagne… il fallait au moins un français pour s’y voir!
  2. même si Emmanuel d’ecosphère et Estelle de Web Sde Story sont tous les deux journalistes
  3. Ok, sur ce coup là, il ne s’agissait que d’internautes et de réseau sociaux, mais imaginez qu’il ait été question de l’identité de la nouvelle conquête de notre président Sarkozy. Là ne pas vérifier ses infos c’est plus grave non ? Ah on s’en fout aussi? Bon.

2 réponses à “Petite leçon de journalisme… donnée par des blogs”

  1. laparizienne dit :

    Ca illustre le manque de culture web de 80% des journalistes traditionnels (statistiques personnelles).
    Dans le monde ce week-end ce billet tout mignon de Robert Solé sur les spams m’a fait rire : ça donne l’impression que Robert vient juste d’avoir l’e-mail pour la première fois, j’espère que c’est un malentendu !
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-995995,0.html

  2. Barbayellow dit :

    C’est « mignon » en effet.

    Ce qui est également « mignon » sur le Monde.fr c’est que pour réagir au billet d’humeur de Robert Solé, il faut être abonné au Monde, édition électronique ou papier, ce qui sire veut payer a minima 6 euros. Un peu dissuasif pour commenter.

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