12 mai 2006 # 1 commentaire

Camarades ?

Suite au commentaire de militant sur mon adhésion à « son » parti, je me fends d’une réponse trop longue pour être publiée en commentaire. Je la publie donc ici, en billet.

Camarade,

Je n’ai effectivement pas justifié mon choix, mais puisque tu me fais un procès d’intention, et puisque nous sommes désormais camarades, je m’en vais le faire de ce pas.

Si je ne supporte pas l’idée de voir la tronche de Jack Lang de Fabius ou de Strauss Kahn placardée sur les murs, les culs de bus et les écoles maternelles, cela n’a rien à voir avec l’harmonie de leurs visages respectifs. Non camarade, en vérité je te le dis, ces trois là doivent laisser leur place, ils sont là depuis trop longtemps.

Fabius et Lang ont commencé à exercer des responsabilités (comme on dit dans le jargon politique) dans les années 80. Lang à la culture en 81, Fabius premier ministre en 84. 1984 ! Les radios libres émergeaient tout juste, le mur de Berlin était encore debout, internet n’existait pas ! Une autre époque ! Une autre dimension ! Tu me répondras, oui mais l’expérience ça compte. Je te répondrais, oui mais le pouvoir ça use.

Le cas Strauss-Kahn est un peu différent. Il est plus « frais ». Je me rappelle seulement qu’il a démissionné de son dernier poste au gouvernement (Bercy je crois) pour préparer sa défense dans une affaire judiciaire quelconque. Tu me répondras, on est présumé innocent tant qu’on a pas été jugé coupable, je te répondrai, le pouvoir ça use, les affaires ça décrédibilise.

Je ne peux pas parler des vieux barons de la gauche, sans évoquer le cas Jospin, Jospin l’homme souple dans ses baskets, Jospin l’honnête protestant, Jospin le sauveur de la gauche… Jospin qui a préparé pendant son mandat de premier ministre La Loi d’Orientation des Finances que Sarkozy a fait appliquer lorsqu’il était à Bercy, cette fameuse LOF qui a introduit dans le service public le principe de « compétitivité », complètement antinomique avec le mot « public » ; Jospin qui s’est carapaté sur son île aussitôt le 21 avril 2002 passé et qui souhaite revenir aujourd’hui pour réussir là où il a lamentablement échoué en 2002. Mais camarade, comment veux-tu me faire rêver avec un type pareil ? Parce que la politique, c’est aussi ça : du rêve !

Je ne vote pas à la tronche camarade, je vote au bilan. Et vu le bilan des ténors de la gauche, je ne peux pas voter pour eux. Enfin, vu ta réaction camarade, je suis ravi d’avoir claqué 20 euros pour un bout de carton. J’ai hâte de venir t’emmerder.

Réagissez

Si ce billet vous a plu ou si vous voulez apporter des précisions, ou si vous n’êtes pas d’accord avec ce que je raconte, c’est ici qu’il faut vous manifester. Je me réserve toutefois le droit de supprimer toute contribution insultante ou qui n’aurait rien à voir avec la choucroute.

  1. […] J’aime ta façon de communiquer : tu émets un message par courrier et tu me demande une réponse par mail. Je te réponds donc par blog. Je comprends que la petite section du 12e n’aie pas les moyens de se créer un site internet, de type forum ou un blog sur lequel je pourrais poster ce billet ou t’envoyer un trackback. J’ai également conscience que je suis un peu geek, early adopter et tout ce genre de termes désignant les fanas de technologie qui se moquent de ceux qui envoient des courriers et qui demandent qu’on leur réponde par mail. Sur ce coup là, je ne suis pas très charitable, je te l’accorde. Mais parmi tes 400 nouveaux adhérents, dont moi, n’y a t-il personne qui pourrait se charger de monter un petit site sur lequel les militants pourraient échanger et dialoguer sur le choix du candidat ? Voilà pour la forme. Sur le fond, je ne peux pas encadrer Fabius. Je ne suis pas loin de rejoindre l’opinion de Charb qui dans un de ses dessins faisait dire à un personnage “Pas être humain ne pourrait vouloir de Fabius comme président”. Je t’aiderais cependant avec grand plaisir à monter le site internet sur lequel j’aurais pu poster ce billet en réponse à ton courrier. Car, et c’est là tout l’avantage du site web sur le mail, sur un site web, les opinions des uns et des autres sont accessibles à tous, offrant ainsi un espace de débat bien plus pertinent qu’un simple retour par mail, qui de fait, n’offre aucune possibilité de dialogue. […]

Mentions

  • De l’intérêt du canal de communication