Pour Noël Google s’offre 3,6 milliards de dollars

Des documents révélés par Bloomberg démontrent qu’en 2015, Google Alphabet, dont la devise est « don’t be evil », s’est épargné la peine de payer 3,6 milliards d’impôts.

Des documents révélés par Bloomberg démontrent qu’en 2015, Google Alphabet, dont la devise est « don’t be evil », s’est épargné la peine de payer 3,6 milliards d’impôts.

Ne pas confondre « fraude fiscale » et « optimisation »

Attention, Google Alphabet ce sont des gentils. « Don’t be evil » et tout. Ils ne fraudent pas. Ils optimisent. L’optimisation fiscale ce n’est pas vraiment légal mais ce n’est pas non plus complètement illégal. Pour économiser sans frauder Google Alphabet utilise la technique dite du sandwich hollandais :

C’est ainsi que les porte-paroles de Google d’Alphabet peuvent répondre la conscience tout à fait tranquille aux journalistes de Bloomberg :

Google se conforme aux règles fiscales dans chaque pays où nous opérons.

Pour info, la somme que Google qu’Alphabet a « mis de côté » grâce à ce système d’optimisation fiscal, 3,6 milliards de dollars, est supérieure au PIB du Burundi.

Libertarianisme débridé

L’attitude de Google d’Alphabet est celle d’une entreprise qui se place et au-dessus des lois : dans un monde idéal les 3,6 milliards de dollars optimisés auraient dû revenir aux États pour que la puissance publique puisse les utiliser au bénéfice des citoyens, sous leur contrôle et celui des institutions. Malheureusement, cet argent restera dans les poches de Google qui décidera de le garder au chaud dans un paradis fiscal ou de l’investir dans un de ses nombreux projets destinés à changer le monde, sans autre contrôle que celui de Google d’Alphabet.

J’en viens à penser que Google  qu’Alphabet et ses dirigeants sont tellement perchés et isolés du monde au fin fond de la Silicon Valley qu’ils considèrent l’État Nation comme un système obsolète et qu’ils sont convaincus qu’eux seuls, les Googlers (c’est ainsi qu’ils s’appellent), sont à même de savoir ce qui est bon pour l’humanité. Alors finalement, pourquoi refiler tout cet argent aux États alors qu’ils ne sont pas foutus de monter un moteur de recherche ni même un système d’aspiration des données personnelles de tous leurs citoyens, choses que Google Alphabet a réalisées en à peine 10 ans ? Autant garder cet argent et l’utiliser pour tous les trucs utiles que fait déjà Google Alphabet, genre faire vivre des humains plus de cent ans ou modifier notre séquence ADN. Du libertarianisme à l’état pur.

Clay Bennett, Chattanooga Times Free Press

Allez, Joyeux Noël !

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