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La géopolitique du cyberespace et les trolls d’Internet

Sur Internet on trouve des trolls, pas dans le cyberespace. Ce jour là, on en a trouvé un beau.

Lundi 28 avril, j\’étais invité par la BPI à causer \ »géopolitique du cyberespace\ ». Je n\’y connais pas grand chose en géopolitique et plutôt que de cyberespace, je préfère parler d\’Internet. Sur Internet on trouve des trolls, pas dans le cyberespace. Ce jour là, on en a trouvé un beau.

En compagnie de Daniel Ventre, Sébastien Laurent, Olivier Kempf et Flore Vasseur nous avons évoqué au cours de ce débat, entre autres sujets, Edward Snowden, Wikileaks et le grand méchant Darknet. J\’ai essayé de défendre l\’idée que le cyberespace n\’existe pas, qu\’Internet, ça, ça existe et que plutôt que de laisser le soin à nos politiques d\’instrumentaliser le cyberespace Internet, c\’est à la société civile de se mobiliser pour ne pas abandonner Internet à des intérêts étatiques. Internet est un bien commun, pas un terrain de jeu pour les militaires ou les diplomates.

Soudain, un troll

Nous devisions gentiment sur ces sujets, quand soudain, à 1h52 dans la vidéo, un troll est apparu. Un troll de combat. Trois questions, trois squds, pour tous les intervenants. Personne n\’a été épargné. Un carnage. L\’une des questions m\’était tout spécialement adressée puisqu\’elle pointait le fait que Reporters sans frontières, l\’ONG pour laquelle je travaille (disclaimer), était vraiment irresponsable de faire des formations à la sécurité numérique alors que les attaques aujourd\’hui se font au niveau des puces en silicium. Rendez-vous compte ma bonne dame ! Le silicium je vous dis ! Et vous là, chez RSF, vous ne dites rien et vous prétendez aider les journalistes à protéger leurs sources ! Vous êtes complètement irresponsables !

Comme c\’était un débat et que je suis un garçon poli, je lui ai répondu que des failles ma bonne dame, que ce soit dans les puces au niveau du hardware ou dans les softs, on en découvre tous les jours, et encore, quand on les trouve. Plutôt que de ne rien faire et de se terrer dans son trou dans une posture de je-suis-un-hacker-je-sais-tout-et-toi-rien, nous, RSF, et d\’autres, militants et hactivistes de tout poil, on préfère faire des choses, faire des formations, parler des bases, de https, des mots de passe, de cyptocat, de pgp, de logiciels libres, etc. Parce qu\’on préfère faire quelque chose plutôt que rien.

Cher troll de combat, si tu me lis, je t\’invite à jeter un oeil à cet article de Quinn Norton, Everything is broken. Elle partage ton avis, car oui tu as raison, on est screwed/ powned, comme on dit chez toi, mais encore une fois, ce n\’est pas une raison pour ne rien à faire, bien au contraire.

En conclusion, je reprendrai la sienne, qui même si elle ne te connais pas t\’es particulièrement adaptée :

So yes, the geeks and the executives and the agents and the military have fucked the world. But in the end, it’s the job of the people, working together, to unfuck it.



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