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Charlie, les sales gosses [Streisand inside]

Et alors ?

Charlie, ce sont vraiment de sales gosses : ils ne trouvent rien de mieux à faire que de publier des dessins satiriques de Mahomet alors que des ambassades américaines brûlent un peu partout dans le monde. Et alors ?

On est en France. Jusqu\’à preuve du contraire, la France est un État de droit. On, Charlie ou n\’importe qui, a le droit de se moquer des religions, qu\’elles soient juives catholiques ou musulmanes. Si la satyre va trop loin, et ce n\’est pas aux croyants de juger, il y a des juges pour ça, il existe des recours. Qui se sent insulté par ces dessins a le droit de porter plainte et de demander à la justice de statuer sur le caractère insultant des dits dessins. En attendant, Charlie publie bien ce qu\’il veut. Dans son journal et sur son site.

Et puisque le site est inaccessible, victime d\’un gros gros gros Ddos, je vous invite à lancer un beau petit Streisand et à publier chez vous la Une de Charlie, ci-dessous :

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Un premier miroir de Charlie dispo ici : https://resources.telecomix.ceops.eu/streisand/20120919-ch/charlie/www.charliehebdo.fr/index.html



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Si ce billet vous a plu ou si vous voulez apporter des précisions, ou si vous n’êtes pas d’accord avec ce que je raconte, c’est ici qu’il faut vous manifester. Je me réserve toutefois le droit de supprimer toute contribution insultante ou qui n’aurait rien à voir avec la choucroute.

  1. C’est vrai, la France est un état de droit. Un droit qui a d’ailleurs la liberté d’indignation / de caricature / d’expression tout aussi sélective que d’autres, mais sur des sujets différents.
    On a le droit de se « moquer des juifs » mais on le fait beaucoup moins, tout simplement, peut être parce qu’on a été échauffé par Dieudonné ? Il ne faut pas oublier que le début de Dieudonné, c’est une caricature des extrémistes israéliens.

    Il ne faut pas prétendre qu’on peut rire de tout, qu’on peut tout dire en France. Nous avons aussi nos sujets tabous. Simplement nous les trouvons normaux.

    (Et au passage, on peut noter que des historiens comme Simon Nora et Jean-Pierre Azema sont opposées aux lois anti-négationnistes).

    Le trailer de l’innocence des musulmans est manifestement une grosse provoc, aussi énorme et imbécile dans son genre que le Protocole des Sages de Sion. Il y a des centaines de milliers de gens qui sont tombés dans le panneau à l’époque, et encore un bon nombre qui y croient, y compris aux Etats Unis, pays de la liberté d’expression où on a le droit de caricaturer qui on veut comme on veut.

    Le problème de la caricature, c’est qu’elle n’aide pas au dialogue. Le problème des chantres de la laïcité, c’est qu’ils oublient un peu vite ce que sont vraiment les lois sur la laïcité, et que les interdictions qu’on met en place en ce moment détruisent la dite laïcité.

    Charlie Hebdo a tous les droits de faire un numéro connement opportuniste, en faisant tout ce qu’il peut pour jouer au martyr. Et j’ai tous les droits de dire que c’est une belle connerie.

  2. Il faut considérer aussi la force que donne le web pour propager le contenu en question. L’enjeu est là : faut-il maîtriser d’une manière ou d’une autre cette faculté à propager, qui plaît lorsqu’il s’agit de vendre, qui déplaît lorsqu’il s’agit de provoquer.
    La circulation de l’Innoncence des Musulmans est un « cas d’école », ou se mêle un timing que l’on ne questionne pas assez (délai entre la sortie et le « buzz »), une viralité spectaculaire et des répercussions incroyables, disproportionnées, des dizaines de morts.
    Il ne faut pas maîtriser le flux. Il peut être instrumentalisé, bien évidemment ; pourtant même lorsqu’il s’agit de propogande, de provocations, d’insultes ; interdire ou bloquer un contenu est une entrave à la liberté d’expression et d’information – selon une position de principe qui dépasse les différentes législations.
    Le contenu est roi, sa diffusion et sa consultation sont à la discrétion des utilisateurs. Qu’il s’agisse de l’Innoncence des Musulmans ou de caricatures du Prophète, c’est exactement le même principe.
    Le flux, dont les capacités explosent – ce qui pose des questions philosophiques plus que politiques – est plus important en lui-même que le ménagement des sensibilités. La colère est compréhensible mais elle relève du sentiment individuel, de la croyance, quand le flux est intrinsèquement lié au développement humain et à la liberté.
    Finalement, le modèle de circulation de l’information qui s’impose à nous s’impose à nous tous – extrêmismes compris – puisque tous les contenus finissent par échouer dans les endroits les plus reculés à un moment ou à un autre. C’est le principe du passage de l’événement à l’information.
    Le modèle doit donc rester entier, intransigeant, et les exceptions doivent être extrêmement rares et faire l’unanimité (protection de l’enfance, point). Tout ce qui relève de la spécificité nationale ou religieuse est inquiétant, dangereux.
    Alors que Charlie Hebdo fasse des caricatures tous les jours, qu’une Innoncence des Musulmans sorte une fois par mois. Et que les gens s’en détournent juste ce qu’il faut pour que ce contenu, au sein de milliards d’autres, subissent les règles de la juste concurrence… Si les gouvernements ne font pas plier l’extrêmisme – ce qui est fort propable puisque certains l’encourage – le flux s’en chargera.

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