TwitterBlackout

Suite à la publication du billet Tweets still must flow dans lequel l’équipe de twitter explique être désormais en mesure de bloquer les tweets non plus globalement pour l’ensemble de la plate forme mais pays par pays, de nombreux utilisateurs et associations de défense de la liberté d’expression ont manifesté leur inquiétude en organisant un boycott de la plate-forme. Samedi 28 janvier, c’était #TwitterBlackout.

Twitter présente cette nouvelle fonction comme étant une avancée pour la liberté d’expression. Chaque pays ayant une conception différente de la liberté d’expression, un tweet  illégal au regard la loi française ou allemande ne l’est peut-être pas au regard de la loi chinoise américaine, dès lors pourquoi le bloquer partout et ne pas le bloquer uniquement dans les pays où la loi l’interdit ? Expliqué comme ça, on se demande bien pourquoi l’annonce de cette nouvelle fonctionnalité qui œuvre littéralement pour le bien commun et le salut de l’humanité est tant décriée et pourquoi ce maudit #TwitterBlackout a été lancé ?

Parce que la liberté d’expression est un concept qui ne souffre pas le relativisme, sinon, ça ne s’appelle plus la liberté d’expression. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle a été définie dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme :

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

La mention sans considération de frontières ne saurait être plus explicite. J’invite l’équipe de twitter à relire l’article 19 et à tenter de comprendre en quoi leur fonction de censure géolocalisée ne peut être considérée comme une avancée pour la liberté d’expression. Il existe même une version anglaise de la déclaration universelle des droits de l’homme accessible sur le site des nations unies. Après le blackout, je l’enverrai par DM à Jack Dorsey.

L’hypocrisie en plus

Dans son grand élan communicationel destiné à faire passer la pilule de la censure géolocalisée, twitter nous explique qu’ils informeront les utilisateurs de la suppression de leur tweet et des raisons pour lesquelles il a été supprimé. Dans leur grande sagesse et afin de démontrer l’étendue de leur bonne volonté, les twitter guys ont passé un partenariat avec chillingeffects.org, un site qui recense les demandes de suppression de contenus, et ho miracle, on peut désormais y trouver une page dédiée à twitter qui listera les demandes de suppressions de tweets envoyées à la plate forme. Vous voyez ? On est pas méchants. On censure mais on informe. On est vraiment de bonne foi chez twitter, non ?

We haven’t yet used this ability, but if and when we are required to withhold a Tweet in a specific country, we will attempt to let the user know, and we will clearly mark when the content has been withheld. As part of that transparency, we’ve expanded our partnership with Chilling Effects to share this new page, http://chillingeffects.org/twitter , which makes it easier to find notices related to Twitter.

Non. Ce n’est pas parce qu’il existe une liste des tweets censurés que ça les rendra accessibles. Cette transparence affichée ne fait qu’ajouter à l’hypocrisie de la censure localisée par pays.

Twitter, la plate forme qui a contribué à faire circuler l’information lors des révoltes arabes il y a un peu plus d’un an aurait-elle perdu la mémoire ? Pour les aider à la retrouver, je vous invite à participer au #TwitterBlackout aujourd’hui. Et à ouvrir un compte chez identi.ca. Au cas où.

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