La crise (4) : guide de survie pour webdesigners en période de crise

Pour un webdesigner, il y a 4 règles pour survivre à la crise : faire du bon travail, facturer un prix honnête, réduire vos frais et communiquer avec ses clients. En tant que lecteur de 24 ways, vous faites déjà du bon travail, alors concentrons nous sur le reste.

Pour un webdesigner, il y a 4 règles pour survivre à la crise : faire du bon travail, facturer un prix honnête, réduire vos frais et communiquer avec ses clients. En tant que lecteur de 24 ways, vous faites déjà du bon travail, alors concentrons nous sur le reste.

Pour faire suite à la traduction de l’article d’Andy Rutledge sur la crise et les freelances, je vous propose aujourd’hui un article d’un autre designer très connu (et néanmoins accessible puisqu’il gentiment accepté que je traduise ici son article) : Jeffrey Zeldman. Son article, Recession tips for webdesigners, est moins volontariste que celui d’Andy Rutledge. Selon lui, même si la crise peut apporter son lot d’opportunités pour les freelances que nous sommes, faut pas se leurrer, ça va être quand même difficile pendant un petit moment. Aujourd’hui on remballe les violons et on sort les couteaux suisses : Jeffrey Zeldman nous donne un cours de survie pour webdesigner en période de crise.

couteau suisse

Guide de survie pour webdesigner en période de crise

Par Jeffrey Zeldman, initialement publié sur 24ways, Recession Tips For Web Designers

Pour un webdesigner, il y a 4 règles pour survivre à la crise : faire du bon travail, facturer un prix honnête, réduire vos frais et communiquer avec ses clients. En tant que lecteur de 24 ways, vous faites déjà du bon travail, alors concentrons nous sur le reste.

J’en connais un rayon sur le fait de survivre en période de crise vu que j’ai lancé mon agence, Happy Cog, juste avant l’éclatement de la bulle internet. Bien sûr, la récession que nous sommes en train de traverser pourrait à terme faire passer les années 2000 pour une période de faste et de bling bling. Mais quand même, le choc a été assez rude à l’époque.

Les périodes de crise sont spécialement dures pour les grosses entreprises et les grosses start ups, mais elles peuvent apporter leur lot d’opportunités pour les freelances et les petites agences. Les clients qui avant avaient de l’argent à gaspiller et les agences qui les aidaient à gaspiller cet argent accordent soudain bien plus d’importance à la valeur du travail plutôt qu’au nom gravé sur la carte de visite. Les bureaux super classe et les réunions avec 10 personnes autour de la table, c’est fini. La mode est désormais aux relations proches avec une personne ou avec de petites équipes.

Faire maigre

Si vous étiez bons en réunion client quand vous étiez en poste, imprimez-vous des cartes de visite et choisissez un nom pour votre nouvelle agence. Une fois que l’argent coulera à flot, prenez-vous un comptable.

Si ce n’est pas votre truc et que vous n’avez pas l’âme d’un entrepreneur solitaire, pas de problème. Créez une agence virtuelle avec des collègues qui compléteront vos compétences en graphisme, en développement ou en affaires. Athletic est un collectif pluridisciplinaire « art et design » basé à Brooklin. Parlons de diminution de charges : ils n’ont pas de PDG, pas de plan de paie ni de plan d’épargne entreprise. Ca n’a pas pour autant dissuadé des clients comme Adidas, Nike, MTV, HBO, Disney, DKNY et Channel de venir frapper à leur porte (virtuelle).

Faire tourner un business traditionnel c’est comme essayer de sécuriser une position politique dans la ville de Chicago : ça coûte une fortune. C’est pourquoi les crises abattent tellement d’entreprises. Mais vous, vous êtes une créature d’internet. Vous n’avez pas besoin d’un bureau pour faire du bon travail. J’ai fais tourné Happy Cog dans appartement bien plus longtemps que ce ont on pourrait se douter. Et mes clients, lorsqu’ils l’ont appris, n’en avaient rien à faire.

Restez minimaliste : si vous pouvez toucher l’argent généré par votre activité de freelance, vous n’aurez pas pas à vous payer un salaire traditionnel. Supprimer les charges associées au salaire et à la paye signifie qu’une plus grande partie du budget ira dans votre poche, vous permettant ainsi de pratiquer de prix compétitifs, tout en restant dans les normes du marché. (Pratiquer des prix trop bas n’est pas cool non plus, et les clients qui choisissent en toute connaissance de cause les prestataires en dessous des prix du marché ont tendance à ne pas les respecter).

Décrocher un contrat

Le webdesign est une histoire de personnes. Si les choses ne vont pas assez vite, envoyez un email à vos précédents clients. Si vous venez juste de perdre votre emploi, envoyez un email aux agences et aux clients avec lesquels vous travailliez précédemment et informer les que vous vous êtes mis à votre compte – au passage demandez leur comment ils vont. Dans la signature de votre mail, indiquez leur que vous êtes désormais président de « Votre Nom » Design. Sans compter que le fait que vous ayez perdu votre boulot peut vous gagner leur sympathie (ou leur compréhension : le client peut avoir également perdu son boulot) mais ce n’est pas non plus le meilleur moyen de trouver des projets.

Les qualités qui vous aideront à trouver un projet en webdesign sont les mêmes pendant les périodes de crise que pendant les période « normales ». Ayez un histoire à raconter au sujet des prestations que vous offrez et des bénéfices que votre client peut en retirer. (Si vous respectez les standards du web, vous avez déjà une belle histoire à raconter. Quelles autres histoire pouvez-vous imaginer ?).

N’ayez pas peur de raconter votre histoire. Mais n’en faites pas le sujet principal de la réunion. Le sujet numéro un, c’est votre client. Avant de le rencontrer, apprenez-en autant que vous pouvez sur ses utilisateurs, son business, ses concurrents. Enfin, lisez sa page « A propos » et passez un peu de temps intelligemment avec google.

Encore plus important, allez à votre rendez-vous en sachant à quel point vous ne savez rien. Soyez curieux et armé de questions. Gardez les oreilles et les yeux grands ouverts. Si vous vous conformez à une présentation préparée d’avance cela peut donner l’impression que vous êtes rigide ou nerveux ou les deux. « Nerveux » est le pire signal que vous pourriez renvoyer. Cela veut dire que vous êtes ou malhonnête ou inexpérimenté. Le webdesign est une histoire de personnes pour le client également : ils doivent sentir que la relation avec vous est agréable et enrichissante. Et que vous les écoutez. Est-ce que je l’ai déjà dit ça ?

Donner le temps au temps

Fidéliser des clients prend plus de temps et nécessite plus d’efforts en période de récession. Si deux emails vous amenaient à récupérer un projet, il en faudra maintenant quatre, plus un rendez-vous, plus un ou deux appels à suivre. Ce degré de « commercialitude » est assez pénible pour les geeks et les designers, lesquels préfèrent passer 4 heures à taper du code ou à débuguer une feuille de style plutôt que de passer 5 minutes au téléphone pour appeler un client. Mais nous devons dépasser notre timidité naturelle et notre côté renfermé si nous ne voulons pas aller chercher notre prochain repas dehors au fond d’une des poubelles d’un voisin.

En bonus, une fois que la récession sera terminée, vos qualités durement acquises de gestionnaire de compte client vous permettront de faire passer la vitesse supérieure à votre entreprise. Lorsqu’il y aura à nouveau des offres d’emplois, vous ne voudrez peut-être plus travailler pour quelqu’un d’autre. Vous deviendrez alors capitaine d’industrie. Pleins de gens talentueux vous enverront des emails pour vous demander un travail.

C’est tout ce qu’on peut se souhaiter Jeffrey !

En conclusion, encore un discours sur la crise laissant entendre que pour les freelances il va peut-être y avoir des opportunités. Là où je souscrit plus à l’analyse de Jeffrey qu’à celle d’Andy [1] c’est que pour lui, clairement, il va falloir aller les chercher les clients. Là où 2 emails suffisaient, il en faut désormais 4 plus un rendez-vous client plus et deux appels à suivre. Son discours est moins idyllique que celui d’Andy Rutledge, plus terre à terre, et à mon avis, beaucoup plus proche de la réalité.

  1. Oui, je les appelle par leurs prénoms, on est quasi des potes depuis qu’on a échangé trois mails ; il n’y a que la distance qui nous empêche de nous offrir mutuellement des bières les soir en sortant du bureau (bureau que je n’ai pas si vous avez bien suivi et bien lu l’article).

Réagissez

Si ce billet vous a plu ou si vous voulez apporter des précisions, ou si vous n’êtes pas d’accord avec ce que je raconte, c’est ici qu’il faut vous manifester. Je me réserve toutefois le droit de supprimer toute contribution insultante ou qui n’aurait rien à voir avec la choucroute.

  1. Ouais j’espère que ces deux gros bonnets sont dans le vrai sinon ça va vraiment être très très dur !
    Pour ce qui est du bureau, j’ai justement choisi d’en prendre un, c’est un local partagé donc pas cher et je vais y travailler mieux que chez moi car trop de distractions. C’est le prix à payer pour être plus productif.

    Sinon le collectif Athletics à l’air vraiment sympa, le concept est vraiment pas mal. Quand j’aurais trouvé des partenaires fiable je pense que monter un petit site dans le genre ne peut qu’améliorer la visibilité et crédibiliser notre travail.

  2. La crise (4) : guide de survie pour webdesigners en période de crise http://minurl.fr/873

  3. Que du bon sens, du courage et des bons conseils ! En tant que chasseuse de têtes spécialisée dans les métiers de la com’, je ne peux qu’applaudir ce genre de message : c’est la motivation (et pas seulement le talent) qui fait toute la différence sur un marché tendu. Alors chapeau Grégoire de nous faire profiter de cet écrit. Je relaie sur notre blog.

  4. Bonjour,

    Je trouve l’article très intéressant et surtout très vrai, étant moi même en tant qu’entrepreneur individuelle (www.creation-site-vitrine.fr), je confirme que maintenant, la mode est aux relations proches !

    « Vous n’avez pas besoin d’un bureau pour faire du bon travail » MERCI !

    Par contre, j’ai une petite question, quand vous dîtes : n’ayez pas peur de raconter votre histoire, vous parlez du « Comment j’en suis arriver à faire du Web Design ? »

    Cordialement

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